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«Un festival pour tous»

«Cannes, pour les professionnels. Venise, très chic. Et Locarno, un festival pour tous». Une définition de David Streiff, directeur de l'Office fédéral de la culture.

Ce contenu a été publié le 04 août 2002 - 12:14

Aujourd'hui directeur de l'Office fédéral de la culture, David Streiff a lui-même dirigé le Festival international du film de Locarno pendant dix ans, de 1982 à 1992.

La manifestation, longtemps surnommée «le plus grand des petits festivals», joue désormais dans la cour des grands. Pour cette 55e édition, le budget a atteint près de 9 millions de francs.

Et puis, à la fin de l'année dernière, la Fédération internationale des associations de producteurs de film lui a octroyée le label «catégorie A». C'est-à-dire qu'elle a reconnu officiellement ce qui était une réalité depuis longtemps déjà: anciennement festival spécialisé, Locarno est devenu un vrai festival généraliste.

Pour tous les goûts

Mais un festival unique en son genre, selon David Streiff. «Celui qui le souhaite peut passer vingt heures par jour dans une salle de projection. Mais on peut aussi combiner cinéma et vacances dans une magnifique région.»

Une chose est certaine: le succès est là. Et de nouvelles salles ont été construites pour répondre à la demande et accueillir des spectateurs toujours plus nombreux. L'offre s'élargit également. Alors, n'y aurait-il pas danger de boulimie?

«Je préfère une sélection plus restreinte. Mais nous vivons une époque où les gens veulent avoir un choix toujours plus large. Il suffit d'observer les rayons des grandes surfaces pour s'en rendre compte», répond David Streiff, qui se garde bien de critiquer l'actuelle direction du festival. Une direction mise en place l'année dernière, et qui tente de contenter aussi bien les cinéphiles que le grand public.

Une émotion individuelle

Reste, en revanche, un peu de nostalgie pour l'époque où tous les spectateurs voyaient le même film en même temps. Aujourd'hui, «le public n'a plus le sentiment de partager la même expérience», précise-t-il.

Mais la magie de la salle obscure est toujours là. «Je suis fasciné de voir, en plein jour, même quand le soleil brille, une foule de gens dans la salle Fevi. Essentiellement des jeunes passionnés de cinéma», s'enthousiasme le directeur de l'Office fédéral de la culture.

Le soir, le public de Locarno change. Les vacanciers rejoignent les cinéphiles. Mais attention aux clichés... Ces spectateurs-là savent apprécier autre chose que les films à grand succès. «Il suffit de voir à qui est revenu le prix du public l'année dernière... un film indien qui durait quatre heures!», lance David Streiff («Lagaan», NDLR).

Le business

Locarno n’attire pas uniquement les touristes et les cinéphiles. C’est aussi un lieu de rencontre pour les producteurs et les distributeurs. Depuis quelques années, il existe d’ailleurs un espace ‘expérimental’ pour faciliter les échanges: l’«Industry Office».

«Je pense que Locarno ne pourra jamais concurrencer des gros marchés, comme Cannes, commente David Streiff. Par contre, c’est très bien de favoriser le cinéma d’auteur et des pays émergents en facilitant les contacts.»

Si le festival se donne un nouveau rôle dans la promotion commerciale, il ne semble pas perdre ses principales caractéristiques: l’aspect grand public de la manifestation, et les débat culturels qu’elle suscite. Sans oublier… la découverte de films.

swissinfo/Raffaella Rossello & Daniele Papacella
(Traduction: Alexandra Richard)

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