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«Touche pas à mon AVS»

Le centre de Berne était complètement bloqué samedi après-midi. Keystone

Plus de 25'000 personnes ont manifesté samedi après-midi à Berne contre le démantèlement de l’assurance vieillesse et de la prévoyance vieillesse.

Ce contenu a été publié le 20 septembre 2003 - 17:35

Slogans et discours ont particulièrement épinglé le président de la Confédération, Pascal Couchepin.

Ils étaient plus de 25’000, selon la police (de 30'000 selon les organisateurs), a répondre à l’appel des syndicats, emmenés par l'Union syndicale suisse (USS) et Travail Suisse.

«Pascal, bas les pattes de nos retraites!», «Augmenter l'âge de la retraite et baisser les rentes... pas avec nous M. Couchepin», ou encore «65 + 2 = NON!», les calicots n’ont pas ménagé le ministre de l’Economie et président de la Confédération. Lancé en juin dernier, le mouvement de protestation porte essentiellement contre le démantèlement de l'Assurance vieillesse (AVS) et de la prévoyance vieillesse.

Plus tard dans la soirée Pascal Couchepin a réagi sur les ondes de la Radio suisse romande. Il a notamment fait ce correctif: «Cette manifestation visait à créer une peur qui n'est pas justifiée. Une partie des manifestants protestaient contre une réduction de rentes. Or, personne n'envisage de réduire les rentes. Au contraire, ma volonté est d'assurer à long terme le paiement des rentes et, pour cela, il faut accepter de prendre connaissance de la réalité».

Effectivement, le troisième et le quatrième âges étaient largement représentés samedi à Berne. Tempes grises ou chevelures permanentées, les seniors ont bravement parcouru les deux kilomètres séparant la Reithalle de l'Aargauerstalden, suant sous le chaud soleil de l'été indien.

Pas de dérapage

Dans les rues parallèles au parcours de la manifestation, plusieurs cars de policiers anti-émeutes veillaient. Armés de boucliers en rotin, les agents ont rapidement encadré la cinquantaine de membre du «black block» qui s'étaient mêlés au cortège. Forces de l'ordre et anarchistes ont ainsi marché côte à côte jusque sous la tribune des orateurs.

En outre, pour éviter des perturbations, la police avait complètement fermé la vieille ville à la circulation. Seuls les transports publics se sont frayés péniblement un chemin au sein de la foule. La gare de Berne a de même été prise d’assaut par les manifestants venus de toute la Suisse.

Un mouvement amorcé le 10 septembre

Drapeaux, banderoles, sifflets et sirènes d'alarme ont bruyamment protesté contre le démantèlement social. Cette manifestation constituait le point d'orgue d'un mouvement amorcé le 10 septembre dernier avec une action nationale dans 40 localités, suivie deux jours plus tard d'une protestation des rentiers.

En fait, Berne a connu samedi sa plus grande manifestation syndicale «depuis des décennies», selon la dépubée écologiste Franziska Teuscher.

Les manifestants ont réaffirmé leur opposition au relèvement de l'âge de la retraite et à la suppression de l'indice mixte AVS, qui reviendrait à adapter les rentes uniquement au renchérissement et non plus aussi à l'évolution des salaires.

Pas question de travailler deux ans de plus

«Comment rester motivé s’il faut travailler plus longtemps pour percevoir une pension réduite?», a confié une jeune manifestante à swissinfo:

De son côté, un homme proteste: «Ce n’est pas juste de faire travailler jusqu’à 67 ans des ouvriers manuels qui, comme moi, ont souvent commencé à 18 ans!»

Plusieurs personnalités ont ensuite pris la parole, dont les présidents de l'USS Paul Rechsteiner et de Travail Suisse Hugo Fasel.

Le député socialiste Jean-Claude Rennwald, vice-président de l'USS, a notamment déclaré que la politique de Pascal Couchepin confine à «l'assassinat de l'Etat social». Il a invité à relancer l'idée d'une retraite complète après 40 ans de cotisations.

La présidente du Parti socialiste suisse, la conseillère aux Etats genevoise Christiane Brunner, s'est adressée en particulier aux jeunes. Au nom de la solidarité, elle a invité à perpétuer le contrat entre générations.

Les cheminots aussi

De leur côté, entre 5000 et 6000 cheminots membres du Syndicat des transports sont également venus grossir les rangs des protestataires contre le démantèlement de la prévoyance vieillesse, après avoir manifesté en fin de matinée contre celui des transports publics.

Les militants du SEV ont exprimé leur mécontentement face aux économies qualifiées de «disproportionnées» prévues par le ministre des Finances Kaspar Villiger dans les TP.

Avec le programme d'assainissement, en consultation au Parlement, le Conseil fédéral veut économiser ces trois prochaines années plus de 600 millions de francs dans les TP, bien plus que dans les autres domaines, selon le SEV.

swissinfo et les agences

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