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«Penser globalement, agir localement»

Les couleurs de Porto Alegre, saisies ici en 2003. Keystone

Un slogan cher aux altermondialistes qui résume bien l’utilité d’un tel rassemblement, selon deux Suisses présents à Porto Alegre.

Ce contenu a été publié le 25 janvier 2005 - 13:11

A l’heure où certains parlent d’essoufflement du mouvement, d’autres veulent alterner les Forums régionaux et le FSM, qui ne se tiendrait plus que tous les deux ans.

«Pour moi, il est clair que c’est dans les pays où on travaille que l’on peut mesurer notre force. Et pas à Porto Alegre», affirme Pepo Hofstetter, la voix de Swisscoalition, communauté de travail des six grandes ONG helvétiques d’aide au développement.

Le FSM, où il se rend cette année pour la deuxième fois, lui sert d’abord à nouer des contacts. Et pour les oeuvres d’entraide comme celles regroupées au sein de Swisscoalition, il est très important de rencontrer les ONG du Sud.

«Si on se contente de discuter au FSM, on n’a pas de pouvoir, poursuit Pepo Hofstetter. Mais c’est un bon endroit pour forger des alliances, discuter des demandes, des revendications, des idées et construire des réseaux internationaux».

Des paroles aux actes

A titre d’exemple, l’homme qui est également co-organisateur du voyage de la délégation suisse cite le cas du réseau «Tax Justice Network», qui lutte contre la fraude fiscale des sociétés multinationales.

«L’idée est partie des Suisses et de la section allemande d’ATTAC, raconte Pepo Hofstetter. On en a parlé au Forum social européen de Florence en 2002, puis à Porto Alegre l’année suivante, et maintenant, le réseau existe, avec un secrétariat et des organisations partout dans le monde».

Pas d’essoufflement

Pour Sergio Ferrari aussi, le FSM - qu’il pratique depuis le début – est un espace d’échanges et de réflexion, où l’on recherche «des alternatives au modèle néo-libéral dominant».

Et le porte-parole de l’association E-Changer n’y voit pas du tout un mouvement qui s’essouffle, mais bien contraire «un processus en train de se développer, de se fortifier et même de s’élargir».

Pour étayer sa conviction, Sergio Ferrari rappelle le mode d’élaboration particulier du programme de Porto Alegre 2005, qui sera entièrement autogéré

Entre mai et août de l’an dernier, le FSM a organisé une enquête planétaire sur Internet. 1863 organisations ont répondu pour définir les grands axes thématiques. Résultat: plus de 2000 activités co-organisées par plus de 3000 organisations de 111 pays.

Annuel ou biennal



Sergio Ferrari se rend malgré tout bien compte qu’une organisation aussi gigantesque mobilise des énergies qui ne peuvent dès lors plus être engagées ailleurs, dans les luttes de terrain que mènent les ONG au niveau local.

D’où la discussion sur la périodicité du FSM, que certains voudraient ne voir se réunir que tous les deux ans. Ici, deux tendances s’affrontent.

«Il a ceux qui veulent un Forum chaque année, pour envoyer un signal aux grandes organisations multinationales comme l’OMC, explique Sergio Ferrari. Il s’agit de montrer que la société civile planétaire peut se réunir chaque année».

Et l’opposé, il y a ceux qui disent que l’organisation coûte beaucoup d’efforts et qu’il faut passer à une périodicité de deux ans.

Afrique du Sud 2007?

Ces derniers proposent un Forum mondial biennal, en alternance avec les Forums régionaux. Ainsi, après Londres en 2004, le prochain Forum social européen n’est prévu qu’en 2006.

Les tenants de cet espacement des rendez-vous se recrutent surtout dans les rangs des altermondialistes européens.

Ce qui ne surprend pas Pepo Hofstetter. «En Amérique latine ou sur les autres continents, les Forums régionaux ne sont pas aussi forts qu’en Europe», explique le délégué de Swisscoalition.

Pour lui comme pour les oeuvres d’entraide qu’il représente, un FSM tous les deux ans serait une solution idéale. A l’image du Forum social suisse, lancé au départ pour être annuel, mais qui a pris depuis un rythme d’une réunion tous les 18 mois.

Le prochain rendez-vous planétaire des altermondialistes - qui pourrait avoir lieu en Afrique du Sud – sera-t-il donc convoqué pour 2007? Ce qui est certain, c’est que la question sera discutée – et vivement discutée – à Porto Alegre.

swissinfo, Marc-André Miserez

En bref

- Le Forum social mondial (FSM) est né en 2001 à Porto Alegre. Il a eu lieu exceptionnellement l’an dernier à Mumbai (Inde) et il revient cette année dans la ville brésilienne.

- Le FSM se veut l’anti-Forum économique de Davos. Il se tient aux mêmes dates. C’est un rassemblement ouvert à tous les mouvements et organisations qui s’opposent à la globalisation néolibérale.


- Cette année, les organisateurs attendent plus de 100'000 délégués de plus de 3000 mouvements et ONG de 120 pays, pour participer à plus de 2000 rencontres et activités.

- La délégation suisse est forte d’une cinquantaine de personnes: députés des partis roses-rouges-verts, syndicalistes, spécialistes du développement et de la coopération et journalistes.

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