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«Novecento»: Balmer en quête d'énergie

Jean-François Balmer raconte Novecento. crochetan.ch

En tournée romande, l'acteur neuchâtelois interprète un monologue de l'écrivain italien Alessandro Baricco. Décevant.

Ce contenu a été publié le 25 janvier 2002 - 20:00

Pour comprendre les mots avec justesse, il faut réussir soi-même à bien les entendre. Au bout de deux heures de spectacle, que l'on peut qualifier de sportif, on se demande si Jean-François Balmer a bien «entendu» Novecento.

Le texte de l'Italien Alessandro Baricco (42 ans, auteur du célèbre roman «Soie») est paru en 1994 sous forme de monologue. C'est la mise en scène de Franck Cassenti, créée l'an dernier à Paris, que l'on peut voir ces jours à l'occasion d'une tournée romande.

On attendait avec impatience le spectacle, d'autant qu'il était précédé d'une excellente réputation. Mais, hélas, on en sort déçu, un peu groggy par la gymnastique qui met en jeu le corps tout entier de Balmer. Lequel bataille durant toute la représentation pour trouver l'énergie et le rythme sans quoi «Novecento» n'atteint pas l'émotion.

L'histoire est celle d'un pianiste du même nom, personnage imaginaire qui naquit en 1900 à bord d'un transatlantique et y vécut sans jamais en descendre. La terre, Novecento l'a contemplée, un jour, du pont de son navire.

Mais le spectacle des petitesses humaines lui fit renoncer au désir d'accoster. Le bonheur, il l'a rencontré dans les mélodies dont il régalait les passagers du paquebot en leur jouant du piano.

Accents bibliques

Signe du destin: c'est sur un piano que Novecento fut retrouvé, bébé abandonné par ses parents pauvres dans une caisse en carton. Le texte a des accents bibliques. On pense à Moïse. Sauf qu'ici, c'est la musique et non les eaux qui portent le héros dont la vie est contée par un de ses amis trompettistes, qu'incarne Balmer.

Entre plateau et rideau translucide (qui autorise, en fond de scène, un très beau jeu d'ombre et de lumière), l'acteur avance et recule, prend son élan comme un sprinter, saute en l'air, lève le poing au ciel, retient son buste, pose une main sur une hanche, penche la tête, se cambre...

Le tout dans un tourbillon de mouvements qui balaie l'atmosphère éthérée du texte et étouffe les mots de Baricco, heureusement bercés par la très belle musique de scène que jouent William Sabatier (au bandonéon) et Jean-Pierre Thirault (au saxo).

Ghania Adamo

«Novecento», Monthey, Théâtre du Crochetan, le 25 janvier. Neuchâtel, Théâtre du Passage, les 26 et 27 janvier. Yverdon, Théâtre Benno Besson, le 29 janvier. Morges, Théâtre de Beausobre, les 30 et 31 janvier. Pully, Théâtre de l'Octogone, le 1er février. Fribourg, Espace Moncor, le 2 février.

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