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«Le travail, c'est la santé»... pas vraiment!

Ce sont les emplois à haut niveau de formation qui sont les plus touchés. Keystone

C’est près de la moitié des travailleurs qui souffrent de fortes tensions nerveuses, selon une étude de l'Office fédéral de la statistique.

Ce contenu a été publié le 23 novembre 2004 - 13:11

L'intensification du travail et l'insécurité de l'emploi constituent les causes majeures de troubles physiques et psychiques.

«Le travail, c’est la santé, rien faire c’est la conserver» chantait, il y a longtemps, Henri Salvador. Aujourd’hui, le travail apparaît comme de plus en plus contradictoire avec la santé. Ou plutôt, le contexte du travail actuel, et son accumulation de tensions psychosociales.

Auparavant, les atteintes à la santé découlaient avant tout des conditions d'hygiène et de la pénibilité du travail, constate un communiqué de l'Office fédéral de la statistique (OFS), publié mardi.

L'enquête, menée en 2002, dévoile une nouvelle tendance: 44 % de la population active affirme ressentir une forte tension nerveuse au travail, soit 41 % des femmes et 47 % des hommes.

Stress progressif

Cette tension augmente selon le niveau de formation et le statut socioprofessionnel, précise l'étude. La proportion de travailleurs subissant une forte tension est ainsi de 37 % pour les statuts les moins élevés, contre 61 % pour ceux se situant au haut de l'échelle sociale.

L'état de santé est notamment mis à mal par la forte charge de travail, la pression de la demande et l'exigence de concentration durant de longues périodes.

L'insécurité de l'emploi, qui s'exprime par la crainte de perdre son travail ou par celle de ne pas retrouver un emploi équivalent, contribue également à la détérioration de la santé des actifs occupés. En 2002, 11 % d'entre eux craignaient de perdre leur emploi, ce qui se répercute de façon notable sur leur bien-être psychique.

Troubles physiques et psychiques

Les troubles physiques et psychiques liés à l'intensification du travail peuvent prendre plusieurs formes tels que des maux de tête, de poitrine ou de dos, des palpitations, des troubles du sommeil et des problèmes de digestion.

Parmi les personnes éprouvant de fortes tensions, 38 % des femmes et 21 % des hommes ont des troubles physiques importants contre respectivement 20 % et 14 % chez ceux qui sont moins soumis au stress sur leur lieu de travail.

Quant aux troubles psychiques, ils affectent 29 % des personnes exposées à de fortes tensions contre 16 % pour celles et ceux qui le sont moins.

swissinfo et les agences

Faits

44 % de la population active affirme ressentir une forte tension nerveuse au travail.
41 % des femmes sont concernées contre 47 % des hommes.
Il s’agit de 37 % des cas pour les statuts socialement les moins élevés contre 61 % pour ceux se situant au haut de l'échelle sociale.

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En bref

- L'Office fédéral de la statistique (OFS) est basé à Neuchâtel.

- Il s'attache tous les cinq ans à déterminer l'état de santé de la population vivant en Suisse.

- Le travail est un des aspects pris en compte par ses analystes.

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