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«Le chant du bouquetin», un écho du Valais

Le décor, plus proche de l'univers de Tinguely que du paysage de carte postale. Cie Corsaire sanglot

Originaire de Chermignon, le comédien Pierre-Isaïe Duc retrouve ses racines dans un monologue de son cru qu'il joue à Genève.

Ce contenu a été publié le 06 juin 2006 - 08:46

Beaucoup d'humour, de tendresse et quelques clichés sont au rendez-vous de son spectacle. Rencontre.

«C'est le plus beau pays du monde», et c'est la Suisse vue à travers les yeux d'un comédien valaisan qui promène son public de cimes en vallons, en passant par les chemins glissants de l'humour.

Pierre-Isaïe Duc, puisque c'est de lui qu'il s'agit, n'a pas pris ses skis pour parcourir l'Helvétie. A ce cliché-là, le comédien n'a pas cédé.

S'il glisse, c'est sur quelques considérations stéréotypées au sujet de son «beau pays»: «Un pays de géomètres, dit-il. Des gens qui comptent, qui définissent, qui calculent. Des limites. Limiter... toujours faire ça».

Des propos déjà entendus quelque part, ailleurs, et qui alimentent «Le Chant du bouquetin». Un monologue, donc, que Pierre -Isaïe Duc a lui-même écrit et qu'il joue au Théâtre du Loup à Genève.

A ce chant alpin, il donne comme cadre les montagnes, bien sûr. Le décor, c'est le clou du spectacle qui échappe à l'image d'une Suisse de carte postale.

Arêtes, pics, cimes et rochers sont ici faits avec des bouts de fer dont l'assemblage, artisanal et poétique, évoque d'emblée une sculpture de Jean Tinguely.

L'accent valaisan

Depuis les cimes, le panorama qu'on a sur la Suisse passe aussi par les proverbes locaux, par l'accent valaisan et les régionalismes linguistiques.

Pierre-Isaïe Duc en fait la matière de son monologue. Et c'est merveille que de l'entendre dire avec l'accent idoine: «On apprend pas à caquer à ceux qui ont la diarrhée».

«L'accent est une part importante de notre personnalité, confie le comédien. Il y a une pâte dans le régionalisme dont on a peur, mais qu'il faut, malgré tout, garder. Je m'en rends compte lorsque je retourne voir les miens dans le Valais. Quand je leur parle on me dit: tu raffines. Mon séjour à l'étranger m'a en quelque sorte forcé à gommer mon accent».

Après une dizaine d'années passées à Paris pour sa formation de comédien, Pierre-Isaïe Duc est rentré s'installer à Genève.

«J'étais parti, dit-il, parce que contrairement à ce que l'on peut imaginer, les montagnes me pesaient. J'avais envie d'échapper aux cimes oppressantes, de m'envoler. Je pense qu'il faut savoir s'inventer de nouvelles racines, s'en faire pousser d'autres».

Soit. Mais alors pourquoi ce «Chant du bouquetin» que l'on peut lire comme un besoin de retour aux sources, comme un désir d'enracinement déployé autour d'un village valaisan et de ses habitants?

A cette question, Pierre-Isaïe Duc répond par un sourire narquois: «C'est la monotonie dans les racines que je n'aime pas».

Et l'acteur de citer quelques phrases de son monologue: «J'ai de la chance, j'ai des racines./ Après Pâques, le Printemps./ Derniers jours de ski, il faut en profiter./ Chez nous c'est sacré!/ Puis les festivals de musique / De chant, costumes folkloriques/ Il faut en profiter chez nous c'est sacré».

swissinfo, Ghania Adamo

Faits

«Le chant du bouquetin», de et par Pierre-Isaïe Duc.
Genève, Théâtre du Loup, jusqu'au 11 juin.

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