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«Habemus papam»: élection, mode d'emploi

La fumée blanche annonce la nomination du pape Jean-Paul II le 15 octobre 1978. Keystone Archive

L’élection d’un pape se déroule selon une procédure strictement fixée. La règle avait été revue par Jean-Paul II en 1996.

Ce contenu a été publié le 30 septembre 2003 - 22:09

L’élection a lieu entre 15 et 20 jours après la mort du pape. Un cardinal suisse y participe.

L’élection est faite par une assemblée de cardinaux. Cette assemblée est nommée conclave, souvenir de l’époque ou les cardinaux restaient enfermés aussi longtemps que le nom du successeur n’avait pas été trouvé (cum clave = sous clef en latin).

Le conclave est limité à 120 cardinaux au maximum. Les cardinaux qui sont âgés de plus de 80 ans n’ont plus le droit de voter, mais restent en revanche éligibles.

La Suisse compte trois cardinaux: Henri Schwery, Gilberto Agustoni et Georges Cottier. Ces deux derniers ne peuvent toutefois pas participer à l’élection du successeur de Jean-Paul II, car ils sont déjà âgés de plus de 80 ans.

Une majorité des deux tiers

Dans un premier temps, les cardinaux aptes à élire le pape disposent de neuf jours pour rejoindre Rome.

Ces neuf jours de prière (les neuvaines) étaient initialement destinés à laisser le temps aux cardinaux de se rendre au Vatican. A l’époque en effet, les moyens de locomotion ne permettaient pas de faire des centaines de kilomètres en quelques heures.

Durant la période de l’élection, les cardinaux se rassemblent au Domus Sanctae Marthae (maison de Sainte-Martha), un bâtiment récemment construit dans l’enceinte du Vatican. Ils y disposent de meilleures conditions de confort que dans le Palais apostolique où se déroulait autrefois l’élection.

Pour être élu pape, un cardinal doit recueillir les deux tiers des voix des participants au conclave. L’élection se fait à bulletins secrets. Il est prévu qu’il puisse y avoir trente tours d’élection au maximum.

Si aucun candidat n’obtient la majorité nécessaire, le conclave doit faire une pause de plusieurs jours. L’élection reprend ensuite, mais il ne faut plus que la majorité absolue pour être élu.

Pas de portable sous peine d'excommunication

Autrefois, la majorité absolue était suffisante dès le 13e tour de l’élection. Mais Jean-Paul II a changé cette règle en 1996 dans sa nouvelle constitution apostolique (Universi Dominici Gregis).

Autrefois, l’élection pouvait être déléguée à un nombre réduit de cardinaux en cas d’égalité entre deux candidats. Cette règle a aussi été supprimée par la nouvelle constitution.

Autre changement: les cardinaux ne sont plus enfermés 24 heures sur 24 durant l’élection. La nouvelle constitution préserve toutefois le maintien d’un secret absolu.

L’utilisation de téléphones portables ou de tout autre moyen de communication moderne par les participants au conclave est strictement interdite sous peine d’excommunication. Des «techniciens de confiances» doivent également empêcher la présence de caméra ou d’enregistreurs dissimulés.

Le nouveau pape

Lorsqu’un candidat a obtenu la majorité nécessaire, on lui demande s’il accepte ou non son élection. Dès le moment où il l'accepte, il prend en charge la plus haute fonction ecclésiastique. La cérémonie d’intronisation intervient quelques jours plus tard dans la cathédrale St-Pierre.

Traditionnellement, le public est informé des résultats de l’élection grâce à de la fumée sortant d’une cheminée. Une fumée noire indique que les cardinaux n’ont pas encore fixé leur choix. En cas de fumée blanche, les catholiques savent qu’ils ont un nouveau pape.

La fumée est en fait obtenue en brûlant les bulletins qui ont servi au vote lors de chaque tour d’élection. Cette fumée devient noire si les bulletins sont incinérés avec de la paille mouillée.

Une affaire italienne ?

Deux grandes tendances se dessinent au Vatican: le retour d'un pape italien ou l'élection d'un latino-américain. L’Amérique latine est le continent qui compte la majorité des catholiques dans le monde.

Et deux camps s'opposent - conservateurs contre libéraux, même si ces noms sont très réducteurs - sur les grands défis de demain: célibat des prêtres, gestion plus collégiale de l'Eglise, diaconat des femmes, contraception.

«La succession de Jean Paul II sera d'abord une affaire italienne, si les 20 cardinaux électeurs italiens parviennent à s'entendre sur un candidat» ont assuré plusieurs sources vaticanes sous couvert de l'anonymat.

Trois noms sont particulièrement suivis: les Italiens Dionigi Tettamanzi et Angelo Scola et l'Allemand Joseph Ratzinger. Cardinal archevêque de Milan, Mgr Tettamanzi, 70 ans, fait figure de grand favori «parce qu'il est à la fois un pasteur, un intellectuel, un politique et que, proche de Jean Paul II, il représente la continuité, mais avec des idées nouvelles», a expliqué une source.

L'autre «papabile» italien est le cardinal patriarche de Venise, Mgr Angelo Scola, 63 ans, considéré lui aussi comme un «modéré». Selon les vaticanistes italiens, sa candidature serait appuyée par l'Opus Dei, un puissant groupe d'influence conservateur né en Espagne.

Mgr Raztinger, 77 ans, est quant à lui réputé très proche de Jean Paul II. Mais ses chances d'être élu sont minces, car il est très conservateur, estiment certains vaticanistes.

Rien n'est acquis

Hors d'Italie, les plus cités sont le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, 75 ans, préfet de la Congrégation pour le Clergé, et les archevêques de Tegucigalpa (Honduras) Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, 62 ans, de Buenos Aires Jorge Mario Bergoglio, 67 ans, et de Sao Paulo Claudio Hummes, 70 ans.

L'Afrique a également un candidat: le Nigérian Francis Arinze 72 ans, préfet de la Congrégation pour le culte divin. Parmi les outsiders, deux «jeunes» prélats sont cités: le cardinal archevêque de Vienne, Christoph Schönborn, 60 ans, et le cardinal indien Telesphore Placidus Toppo, archevêque de Ranchi, 65 ans.

Rien n'est jamais acquis jusqu'au vote final, rappellent les vaticanistes. Cardinal archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla était un outsider lorsqu'il a été élu au troisième tour de scrutin le 16 octobre 1978, devenant le premier pape non italien depuis 455 ans.


swissinfo, Felix Münger et les agences
(Traduction de l'allemand: Olivier Pauchard)

Faits

Le conclave est constitué d'un maximum de 120 cardinaux
Les cardinaux de plus de 80 ans ne peuvent pas être électeurs
La Suisse compte un électeur, le cardinal Henri Schwery
L'élection compte 30 tours
L'élu doit obtenir une majorité des deux tiers
Si les 30 premiers tours ne débouchent pas sur une élection, la majorité absolue est ensuite suffisante

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En bref

- Le conclave doit élire le 266e pape de l'histoire de l'Eglise.

- Le règne le plus long fut celui de St-Pierre, de 30 à 64 ou 67. Mais ce règne n'est pas historiquement attesté.

- Historiquement, le plus long fut celui de Pie IX: 11'559 jours de 1846 à 1878.

- Avec près de 27 ans de règne, Jean-Paul II arrive en 3e position.

- Le plus court fut celui de Léon XI: 26 jours en 1605.

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