Navigation

À la recherche des petits suisses maudits

La couverture du livre de Moncomble et Merlin. Editions Milan

C’est face à un livre pour enfants, que Rolf Kesselring s’est posé la question de l’origine des fameux petits fromages blancs.

Ce contenu a été publié le 12 janvier 2005 - 15:21

«Le gang des petits-suisses» est signé par les Français Gérard Moncomble pour le récit et Christophe Merlin pour les dessins.

Soudain un livre de poche attira mon regard! Ce mince volume serait passé inaperçu, aux yeux du lecteur invétéré que je suis, si le titre me m’avait paru suspect: «Le gang des petits suisses» Éditions Milan, Toulouse!

Nationaliste, j’en conviens, je fus terriblement choqué: Qu’est-ce que c’était donc que ce gang de petits malfrats bien de chez nous? Quel crime avaient-ils donc bien pu commettre? De quoi étaient-ils accusés, ces minuscules de mon pays?

Il fallait que je sache de quoi il retournait. Il fallait que je dénoue l’intrigue, que je résolve l’énigme, que j’illumine de lumière laiteuse cette ténébreuse affaire.

Tenace et hâbleur comme le Commissaire Moulin, subtil et souple comme Navarro, bonhomme et mariole comme Jules Maigret, j’entrepris une folle enquête.

Très rapidement, en ouvrant le bouquin à la page de garde, je découvris qu’il s’agissait d’une enquête d’un détective privé et réputé qui se fait appeler Félix File-Tout. Je sus aussi qu’il n’en était pas à son coup d’essai. Ses complices se nommaient Gérard Moncomble, auteur, et Christophe Merlin, illustrateur, de leurs états civils respectifs.

Une ombre et de la neige

L’intrigue? Une disparition soudaine et massive de petits-suisses a mis en émoi la population. Dans tout le quartier, ils ont tous disparu. On fouille les frigos, les armoires, les chambres, les soupentes, les caves, et même les poubelles. Rien! Plus un petit suisse! Pas trace du moindre d’entre eux! L’affaire est grave…

Il faut absolument savoir ce qui s’était passé. Après quelques tergiversations, on fait appel à Félix File-Tout, le détective bien connu. Reprenant tout à zéro, le génial détective fouille toutes les poubelles du quartier. Il ne découvre aucun emballage de petit suisse dans celles-ci. Et parvint ainsi à une conclusion évidente: les petits-suisses qui ont disparu n’ont pas encore été mangés. CQFD!

Il interroge tout le quartier. Du facteur au crémier, en passant par le marchand de glace, il devient évident qu’ils sont tous innocents.

Soudain une ombre qui porte un étrange fardeau sur l’épaule attire l’attention de Félix File-Tout. Le personnage file à pas de loup vers une destination inconnue. Félix la suit discrètement.

Lorsque l’ombre se montre enfin en pleine lumière, Félix File-tout sursaute en reconnaissant le jeune Boris. Ce dernier porte une paire de skis sur l’épaule. Il a rejoint ses copains du quartier, tous équipés pour les sports d’hiver… en plein mois d’août!

Et c’est alors que Boris s’écrie «Envoyez la neige!» que notre détective découvre le pot aux roses… Je devrais dire le pot au lait!

Je n’irai pas revoir la Normandie!

À partir de là, si le célébrissime Félix avait terminé son enquête, moi je nageais encore en plein mystère… Une question me taraudait l’esprit: quelle était l’origine de ces fameux petits suisses?

Je me mis immédiatement au travail. J’employai tous les moyens à ma disposition. Téléphone, Internet, micro-trottoir, consultation des encyclopédies et des oracles, je ne laissai aucune possibilité de côté.

Ce fut Internet qui me donna la clé du mystère. Et voici ce que je découvris, mortifié: les petits suisses n’étaient pas helvétiques! Le petit suisse était issu de Normandie!

Il s’agit d’une pâte fraîche, non salée, de lait de vache. La forme cylindrique du petit suisse doit obligatoirement avoir une hauteur de 3 cm de diamètre et une épaisseur de 4 cm. L’objet doit peser 30 grammes et avoir 40 % de matières grasses.

Un ajout de crème est mis dans le caillé. Il subit le lissage et l'égouttage dans une centrifugeuse. Il existe une version géante du petit-suisse. On le dénomme le «suisse double» ou «double suisse».

C’était net, précis, et, malgré mon dépit, je ne pouvais qu’admettre la réalité. Originellement, le petit suisse était normand! Il fallait que j’en avertisse illico mes concitoyens…

swissinfo, Rolf Kesselring

Faits

«Le Gang des petits-suisses», de Gérard Moncomble et Christophe Merlin, publié aux Editions Milan (coll. Milan Poche Benjamin).
A lire à partir de 6 ans.
Livre broché, format 13x18cm, 24 pages.

End of insertion

En bref

- Le ‘petit suisse’ est d’origine normande… mais il semble toutefois que quelques gènes helvétiques figurent dans son histoire…

- C'est vers 1850, qu'un employé helvétique d'une laiterie d'Auvilliers (près de Beauvais) a eu l'idée de faire ajouter à la propriétaire des lieux de la crème à une préparation à base de de lait.

- Sur Internet, en tapant «petits suisses» sur un moteur de recherche, on parvient à environ… 20.000 références!

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?